Une colère légitime
Face à ces législations discriminatoires, la première réaction est forcément l’incompréhension, voire l’incrédulité : à l’heure de la mondialisation, voyager, s’installer dans un autre pays est une chose normale et même recommandée pour l’ouverture d’esprit, la connaissance d’autres cultures ou d’une langue étrangère que cela peut apporter.
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Quelques chiffres pour se rendre compte du phénomène : 698 millions, c’est le nombre d’entrées et de sorties internationales pour la seule année 2000, 175 millions, c’est le nombre de personnes qui travaillent en dehors de leur pays.
Mais bien vite l’incompréhension cède la place à la colère, une colère légitime. L’existence de barrières liées au statut sérologique VIH des voyageurs est totalement intolérable : en effet, comment accepter que plus de 33 millions de personnes soient privées de leur droit élémentaire de libre circulation du seul fait de leur état de santé ? Comment pouvait-on accepter, par exemple, que les personnes séropositives ne puissent légalement se rendre au siège des Nations Unies, situé à New York, donc dans un pays qui refuse l’entrée aux personnes séropositives, alors que l’ONU a pour mission de promouvoir le respect des droits de l’homme au niveau mondial ?
Sans remettre en cause le droit de chaque pays d’apporter des restrictions quant à l’entrée sur son territoire, être séropositif ne peut être considéré comme une menace et, à partir du moment où la lutte contre le sida est correctement prise en charge par le gouvernement national, il n’y a aucune raison qui justifierait d’opposer ce type de restriction à une personne séropositive. Le séropositif n’est ni un criminel, ni une menace à l’ordre public. C’est le sens du combat que mène Elus Locaux Contre le Sida en interpellant les autorités nationales, européennes et internationales et en tentant de contrer les objections étatiques à la libre circulation des personnes touchées par le VIH/sida.
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